Une soixantaine de morts lors d'une bousculade

Côte

Les «circonstances précises» du drame «font l'objet d'enquêtes par les services de sécurité», a affirmé le gouvernement. Photo AFP


Évelyne Aka

ABIDJAN, Côte d'Ivoire - La Côte d'Ivoire a commencé l'année 2013 par un drame et des larmes: une soixantaine de personnes sont mortes, dont de nombreux jeunes, et une cinquantaine au moins ont été blessées mardi à Abidjan dans une bousculade durant les festivités de la nuit du Nouvel An.

Des tas de chaussures et de vêtements restaient éparpillés sur la chaussée, traces de la bousculade survenue vers 02h00 du matin (21h, heure du Québec) dans le quartier administratif du Plateau. Plus de 50 000 personnes, selon les autorités, étaient sorties pour assister aux feux d'artifice de la Saint-Sylvestre.

L'accident a fait «61» morts, a indiqué le chef des sapeurs-pompiers militaires d'Abidjan, le lieutenant-colonel Issa Sakho. Le gouvernement a parlé de «60 morts», dont la moyenne d'âge est de 18 ans.

«C'est un véritable drame pour ce jour de l'An», «nous sommes tous sous le choc», a réagi le président Alassane Ouattara, venu sur les lieux. Il a décrété un deuil national de trois jours à compter de mercredi.

Quarante-neuf blessés, dont deux dans un état très grave, ont été évacués par les secours vers des centres hospitaliers de la capitale économique ivoirienne. Une cellule de crise est mise en place pour les familles.

Les «circonstances précises» du drame «font l'objet d'enquêtes par les services de sécurité», a affirmé le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko.

L'accident a eu lieu près du grand stade de la ville, à la fin des feux d'artifice, lorsque les spectateurs repartaient vers leurs quartiers. Selon une responsable policière, la bousculade s'est produite quand deux flots de spectateurs se dirigeant en sens contraire se sont rencontrés, d'autant que des troncs d'arbres se trouvaient par terre.

Les secours ont «mis du temps pour arriver», a souligné une source sécuritaire interrogée par l'AFP. «Cela révèle la faible capacité de réponse ivoirienne en termes de sécurité», s'est inquiété un diplomate.

Nombreux enfants blessés

Parmi la quarantaine de blessés évacués à l'hôpital de Cocody (quartier chic d'Abidjan), où s'est rendu le président Ouattara, figuraient de nombreux enfants d'une dizaine d'années, visiblement sonnés.

Zeinab, mère de famille d'une quarantaine d'années, a retrouvé à cet hôpital l'un de ses deux enfants qui l'accompagnaient pour le spectacle: le petit garçon était encore groggy, allongé sur un lit.

La maman elle-même avait encore «mal partout» et, soulevant son grand boubou, montrait les éraflures sur son corps. «Je ne sais pas ce qui s'est passé mais je me suis retrouvée couchée par terre avec des gens qui me piétinaient, me tiraient les cheveux ou me déchiraient les vêtements», a-t-elle confié à l'AFP.

Non loin, sur un autre lit, une jeune fille qui ne portait plus qu'un soutien-gorge sur le haut du corps semblait en état de choc. Elle ouvrait les yeux mais manifestement sans pouvoir dire un mot.

Pour la deuxième année consécutive, la ville d'Abidjan avait offert des feux d'artifice pour marquer le passage du nouvel An.

Ces festivités, de même que les illuminations de Noël, étaient présentées comme un symbole du renouveau du pays vanté par le régime Ouattara, après la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011 qui a fait environ 3000 morts.

Dans son discours de voeux lundi soir, le chef de l'État avait délivré un message résolument optimiste.

Première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone mais abîmée par une décennie de tourmente, «la Côte d'Ivoire nouvelle se dessine sous nos yeux», a-t-il assuré, promettant que les habitants toucheraient bientôt les retombées de la croissance économique retrouvée et des chantiers engagés.


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