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Se saouler... est une «priorité»

Mathieu Turbide
Le Journal de Montréal
01/02/2010 05h29 

L'automne dernier, les officiers responsables de la DTL ont fixé une limite de deux consommations d'alcool pour la première soirée qui se déroule à l'hôtel. La raison: les militaires souffraient trop de la gueule de bois le lendemain matin pour leur formation.

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  • Violente «décompression»
  • Ce phénomène a été constaté par une chercheuse qui a passé trois mois avec un groupe de soldats canadiens en 2006 et qui a suivi de près leur participation à la semaine de décompression.

    «Se saouler était au sommet de la liste d'activités prioritaires d'une grande partie des soldats, puisqu'ils n'avaient pas consommé d'alcool depuis [longtemps]», écrit Anne Irwin, chercheuse à l'Institut canadien de la défense et des Affaires étrangères (ICDAE) de l'Université de Calgary.

    Dans son rapport, Mme Irwin souligne aussi que plusieurs soldats cherchent dès leur arrivée à Chypre à rencontrer des femmes. «Certains réussissent à trouver des partenaires pour des relations sexuelles, alors que d'autres s'offrent les services de prostituées», écrit-elle, tout en soulignant que ce n'était pas le cas de tous les militaires. «Ce n'est pas le free-for-all sexuel que pourraient laisser croire certains stéréotypes sur les militaires», précise-t-elle.

    Pas une solution miracle

    Selon le colonel à la retraite Michel Drapeau, en plaçant les soldats dans un contexte aussi paradisiaque, il y a des risques de nuire à certains d'entre eux plutôt que de les aider.

    «Ce qui est ironique, c'est qu'on risque d'aggraver le problème, parce que le paradis qu'on leur offre à Chypre, avec le climat, l'accès à l'alcool et les femmes, ce n'est pas ce qu'ils vont avoir au pays en revenant. On se trouve à leur faire vivre deux dépaysements. On les sort d'Afghanistan pour les ramener chez eux, mais, avant, on leur montre le paradis au passage, avec la boisson qui coule à flots. C'est certainement pas en leur donnant un smorgasbord de plaisirs qu'on va les aider», dit-il.

    L'ancien officier reconnaît que certains militaires peuvent avoir besoin de ventiler leurs émotions, notamment en rencontrant des psychologues et des spécialistes, mais à son avis, cela peut se faire dans un cadre plus contrôlé au Canada.

    Selon lui, la Défense nationale devrait surtout s'occuper de bien encadrer ses soldats à long terme, en particulier les réservistes qui sont souvent laissés à eux-mêmes à leur retour au pays. «En Afghanistan, 10 % des soldats sont des réservistes. Lorsqu'ils rentrent chez eux quand on les démobilise, c'est là qu'ils sont loin du soutien de leurs camarades. Or, que fait-on pour eux?»









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