«Papa, est-ce que tu tues des arbres?»

Yves Chartrand

SAINT-FÉLICIEN — Ce n’est pas un hasard si les Québécois se désintéressent des emplois reliés à la forêt. En plus des mauvaises conditions de travail, le film L’Erreur boréale a réussi à gagner à sa cause la jeune génération.

Marc Dubé, président de l’Association des scieries indépendantes du Saguenay – Lac-Saint-Jean s’en est ouvert devant les membres de la commission Coulombe à Saint-Félicien.

«Un matin, ma petite fille m’a demandé: Papa, est-ce que tu tues des arbres ? Ça m’a rentré dans le corps», dit-il.

«On a inculqué le principe dans nos écoles que de couper un arbre, c’est criminel», dit Diane Bouchard, de l’Association forestière du Saguenay – Lac-Saint-Jean, un organisme largement subventionné par l’industrie.

«On a projeté le film L’Erreur boréale dans les classes. Alors, pour les enfants, couper un arbre, c’est comme tuer un être humain.»

Désaffection

Effet du hasard ou non, les écoles de foresterie peinent à recruter des candidats, alors que la moyenne d’âge des 10 000 travailleurs forestiers (excluant les travailleurs sylvicoles) est de 50 ans. Plus de la moitié d’entre eux prendront leur retraite d’ici 2015.

Selon le comité sectoriel de main-d’œuvre des industries du bois de sciage, le nombre d’étudiants de niveau secondaire en affûtage, en classement du bois et en sciage est passé de 297 en 1998-1999 à 95 en 2003.

Selon cette même source, la désaffection est la même dans les cégeps et les universités du Québec avec 872 diplômés sur 3 020 places disponibles.

«La foresterie a une image négative, alors les jeunes se tournent vers d’autres secteurs», dit Normand Bélanger, du Centre de formation professionnelle de Mont-Laurier.

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