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«Complètement négligent à tous les niveaux...» - le père d’une victime américaine

Brigitte McCann - Journal de Montréal
23/01/2004 06h15 

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Le père de la première victime du sida contracté lors d’une intervention chirurgicale aux États-Unis croit que l’Hôpital Sainte-Justine devrait être accusé au criminel comme au civil.

«L’établissement a été complètement négligent à tous les niveaux, fustige George Bergalis, joint en Floride hier. Il faut qu’il soit tenu responsable de ses actes.»

La nouvelle n’a ni surpris ni choqué le père éprouvé. «Nous savions que le scénario allait se répéter parce que personne n’agit ! déplore-t-il. Malheureusement, ça prend des histoires comme ça pour susciter l’intérêt.»

La fille de M. Bergalis, Kimberley, est décédée du sida à l’âge de 23 ans en 1991. Elle a contracté le virus sur la chaise du dentiste David Acer, tout comme cinq autres de ses patients, dont une enseignante qui s’était fait arracher quatre dents.

Le dentiste a attendu sa mort en 1990 pour dévoiler qu’il était atteint du virus mortel dans une lettre posthume publiée dans le journal local. Il recommandait à sa centaine de clients de se faire tester.

Seules deux de ses six victimes sont toujours vivantes. La plupart ont obtenu près d’un million $ en dédommagement.

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La tragédie avait choqué les Américains et motivé l’adoption de recommandations régissant la pratique du personnel de santé séropositif aux États-Unis. Mais même 13 ans plus tard, peu d’États réglementent le sujet.

George Bergalis est catégorique : il faut que les médecins séropositifs soient obligés de le dévoiler à tous leurs collègues et à leurs patients, quitte à perdre leur clientèle.

«La vie est plus précieuse que la situation financière de quelques foutus médecins ! s’exclame-t-il. Si ma fille avait été informée, elle serait peut-être encore vivante aujourd’hui!»

À ceux qui invoquent le droit à la vie privée des médecins, il réplique: «Les patients ont le droit de vivre ! Ma fille avait le droit de continuer sa vie!»

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