Une année tapissée de carrés rouges

Bilans de l'année 2012 - Une année tapissée de carrés rouges

Photos Agence QMI

Dernière mise à jour: 21-12-2012 | 15h46


L’année 2012 a été mouvementée à plusieurs points de vue, mais notamment sur le plan social. Alors que les mots «collusion» et «corruption» ont continué de résonner dans les manchettes et que la commission Charbonneau a amorcé ses travaux, c’est un gouvernement qui suscitait déjà la méfiance dans une partie de la population qui a vu un mur se dresser devant lui. Un mur fait de petits carrés rouges.

Les étudiants du Québec en grève – ou en boycottage, comme préférait le dire le premier ministre Jean Charest – ont organisé une multitude de manifestations, parfois énormes, parfois modestes, parfois calmes, parfois violentes, parfois nocturnes, et parfois bruyantes, le son des casseroles enterrant celui des slogans.

Pendant quelques semaines, lors d’un «Printemps érable» qui a duré jusqu’à l’été, c’est chaque nuit que les étudiants ont manifesté, surtout à Montréal mais souvent aussi ailleurs au Québec. Une centaine de manifestations nocturnes ont ainsi été tenues.

Ce mouvement a certainement contribué à la chute du gouvernement Charest. Et c’est  entre autres en promettant l’annulation de la hausse des droits de scolarité que le Parti québécois de Pauline Marois a été porté au pouvoir, bien que minoritaire.

Attentat politique ou folie?

La victoire de Mme Marois a été assombrie par un attentat mortel, très tard le soir du 4 septembre, au Métropolis de Montréal, où étaient réunies les troupes péquistes.

Le discours de la nouvelle première ministre a été perturbé par un homme armé qui a rapidement été maitrisé par les policiers, non sans avoir d’abord ouvert le feu, tuant le technicien de scène Denis Blanchette. «Un homme est mort sans aucune raison. La folie a frappé», a déploré la chef péquiste le lendemain. L’auteur présumé de l’attentat, Richard Bain, a plus tard été accusé de meurtre prémédité, en plus de faire l’objet de nombreux autres chefs.

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Sur la scène municipale, les maires de Montréal, Gérald Tremblay, de Laval, Gilles Vaillancourt, et de Mascouche, Richard Marcotte, ont tous plié sous la pression et annoncé leur démission. «Jadis, mon père m’avait dit de ne jamais aller en politique, parce que c’était sale et qu’on allait me détruire», a déclaré M. Tremblay, visiblement amer.

Faits divers et judiciaires

Les palais de justice et les services de police n’ont pas chômé, en 2012.

Le Québec a notamment eu droit à l’un des meurtres les plus étranges de son histoire, quand le jeune Jun Lin a été tué et dépecé devant une caméra vidéo, une affaire qui a lancé les policiers du monde sur les traces de Luka Rocco Magnotta, un ancien acteur porno qui allait être accusé de meurtre prémédité.

Les Shafia ont écopé de la détention à vie. Des drames familiaux à Drummondville, à Warwick, à Gatineau, à Lévis ou encore à Saint-Romain ont bouleversé la population. Guy Turcotte a eu son congé de l’Institut Philippe-Pinel. Deux Québécoises – les sœurs Bélanger – sont mortes de façon mystérieuse en Thaïlande, officiellement victimes d’un empoisonnement à l’insecticide. Une jeune femme, Tanya St-Arnaud, a vu un ex-conjoint l’asperger d’acide. Le comportement agressif de la policière Stéfanie Trudeau, qui porte le matricule 728, a suscité tant de questions que le directeur du SPVM, Marc Parent, s’est excusé. Les autorités et les médias se sont lancés à la poursuite du «gourou» Marcel Pontbriand. Et une comédienne québécoise peu connue, Geneviève Sabourin, a été accusée à New York de harceler la vedette américaine Alec Bladwin.

Ailleurs dans le monde

À l’international, le démocrate Barack Obama a été réélu à la Maison-Blanche et le socialiste François Hollande a accédé à la présidence de la France. La militante birmane Aung San Suu Kyi, figure de proue de l’opposition non violente à la dictature militaire, a finalement été élue députée.

Les affrontements ont fait des dizaines de morts dans la bande de Gaza et en Israël, en Syrie et en Égypte.

Mentionnons aussi le passage de l’ouragan Sandy, le saut record de Felix Baumgartner, le naufrage du navire Costa Concordia sur la côte italienne, la traversée des chutes du Niagara sur un fil de fer par Nik Wallenda, l’emprisonnement des membres du groupe punk russe Pussy Riot, la tenue des Jeux olympiques de Londres, la disgrâce du cycliste Lance Armstrong, l’arrivée sur Mars du robot Curiosity, et le jubilé de diamant de la reine Élisabeth II.

Et l’année s’est achevée sur une note d’une tristesse inouïe, quand 20 enfants et cinq femmes sont tombés sous les balles d’un autre tireur fou, qui s’est aussi enlevé la vie en plus de tuer sa propre mère, dans la petite municipalité de Newtown, au Connecticut.

Le monde culturel a d’autre part subi de lourdes pertes, cette année. Signalons Jean-Guy Moreau, Etta James, Whitney Houston, Dave Brubeck, Serge Grenier, Chantal Jolis et Jean Guilda. Les amateurs de sports gardent pour leur part des souvenirs impérissables de Gary Carter et Émile «Butch» Bouchard. L’astronaute Neil Armstrong nous a également quittés en 2012.


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