L'insouciance à table interdite

Allergies alimentaires - L'insouciance à table interdite

Marie-France Bornais
Journal de Québec

Pour les 300 000 Québécois affectés par une allergie alimentaire, l'insouciance à la table est interdite. Tout un éventail d'aliments doit disparaître de leur menu, s'ils veulent éviter de mettre leur vie en danger.

Les allergies alimentaires et l'anaphylaxie ne sont pas des caprices.

Aussi sur Canoe.ca
Il s'agit d'une réaction sévère de l'organisme qui réagit rapidement et très sérieusement à une substance qu'il ne tolère pas. Plus l'allergie est sévère, plus le temps d'intervention est court et plus la vie des patients est en péril. Pour toutes ces personnes, l'interdiction de consommer les aliments en cause, la vigilance et le port continu d'un auto-injecteur d'épinéphrine représentent le «kit de survie».

Même si l'arachide et les noix sont souvent ciblées, n'importe quel aliment peut provoquer une réaction allergique.

«Les allergies au lait et aux oeufs sont plus fréquentes chez les enfants, tandis que chez les adultes, ce sont les allergies aux noix, aux arachides et aux crustacés qui apparaissent le plus souvent», précise le Dr Rémi Gagnon, immuno-allergologue rattaché au Centre mère-enfant du CHUL.

Depuis la dernière décennie, le nombre de patients allergiques augmente. Nouveaux ingrédients? Changements dans le régime alimentaire?

Les scientifiques ont du mal à en cibler la cause. «Il n'y a pas d'explication précise à ce sujet.

Cependant, il est clair que les habitudes alimentaires contribuent à voir l'émergence de nouveaux allergènes. Avant les années 70, les arachides étaient peu consommées en Amérique du Nord et il y avait moins d'allergies, avance le médecin. De nos jours, on consomme plus de graines de sésame et on observe aussi une plus grande incidence de patients allergiques aux graines de sésame.»

Arachides: 15 enfants sur 1000

D'après une étude faite en 2003 par les chercheurs de l'Université McGill, en collaboration avec l'Association québécoise des allergies alimentaires (AQAA), la prévalence de l'allergie à l'arachide est plus élevée qu'on le pensait: 1,5 %, plutôt que 0,5 %. La phase 2 de l'étude, présentement en cours auprès des enfants montréalais de cinq à neuf ans, permettra d'en savoir davantage.

Ces chiffres signifient que, dans une école de 1000 élèves, 15 enfants sont allergiques aux arachides.

En ajoutant les autres allergies alimentaires, le chiffre augmente et passe de 2% à 8% chez les enfants et touche de 1% à 2% de la population adulte.

Aux États-Unis, on avance que 4% de la population souffre d'allergies alimentaires en tout genre. Les scientifiques évaluent que 10% de la population a une tendance allergique, ce qui inclut l'asthme, l'eczéma, les allergies alimentaires et les allergies respiratoires.

Bien que les allergies se développent la plupart du temps dans l'enfance, il est possible de se sensibiliser à l'âge adulte. Des patients deviennent ainsi soudainement allergiques aux pommes, par exemple. Il n'y a pas d'explication claire connue pour expliquer ce phénomène.


Vidéos

Photos