Mais n'attendez pas des miracles. En effet, Jean Charest a annoncé que la santé des finances publiques ne fera pas partie du menu de cette discussion.
Imaginez... On va parler de l'avenir économique du Québec, mais on ne dira pas un maudit mot sur les finances de l'État.
C'est comme si on organisait un Sommet sur le réchauffement climatique, et qu'on ne parlait pas des émissions de gaz à effet de serre !
Allô ?
C'est ça que vous appelez avoir les deux mains sur le volant ? Moi, j'appelle ça conduire la nuit les yeux fermés et les phares éteints.
UN ÉLÉPHANT SUR MON BALCON
Pendant que les «acteurs» de la société québécoise discuteront de l'avenir de notre économie sans jamais mentionner l'éléphant de six tonnes qui est assis sur notre petite caisse, le peuple québécois, lui, fait preuve de lucidité et demande au gouvernement de se sortir la tête du carré de sable, de prendre le pachyderme par la trompe et d'agir.
Dans Quelque chose comme un grand peuple, l'essai passionnant qu'il vient de publier, Joseph Facal affirme que le peuple québécois agit parfois comme un enfant gâté.
Il prend pour preuve un sondage CROP qui révélait que 68 % des répondants souhaitaient une réduction du rôle de l'État, mais que 74 % s'opposaient à une réduction des services publics!
Les Québécois seraient-ils devenus plus responsables ? Toujours est-il que selon le sondage que nous vous présentons aujourd'hui, la majorité des citoyens se disent prêts à subir des diminutions de services pour sortir le Québec du marasme.
Ils savent que le bon vieux temps où l'on pouvait exiger d'avoir le beurre et l'argent du beurre est terminé.
Il faut maintenant faire des choix.
ÉCOEURÉS DE PAYER
Vous me direz que c'est un sondage, que ça n'engage les répondants à rien, que lorsque les sondeurs demandent aux gens ce qu'ils écoutent à la télé, ils répondent toujours les documentaires songés et jamais l'émission de téléréalité où les filles se frenchent dans le jacuzzi.
Mais bon, c'est un départ.
Une chose est sûre : les gens sont ÉCOEURÉS de payer. Les groupes qui ne jurent que par l'augmentation des taxes et des impôts (bonjour, madame Carbonneau) peuvent déjà prendre leur rapport, le rouler serré et s'asseoir dessus.
D'ailleurs, avez-vous remarqué ? C'est toujours les groupes qui disent représenter le peuple qui prônent des augmentations d'impôts... Or, le peuple ne veut RIEN SAVOIR de cette solution.
Ces groupes pseudo «populaires» connaissent autant le peuple qu'Edgar Fruitier, l'oeuvre complète des Sex Pistols.
En fait, tout ce qu'ils veulent protéger, c'est LEUR intérêt. Celui du peuple, ils n'en ont rien à foutre.
DIMINUEZ LES PORTIONS
Au lieu de payer davantage, les Québécois préfèrent recevoir moins de services.
En d'autres mots : au lieu de payer 15 $ pour un plat de pâtes qui leur coûtait 10 $ avant, ils veulent payer 10 $ pour un plus petit plat de pâtes.
N'augmentez pas les prix : diminuez les portions. Le hic, c'est de savoir où couper. On donne moins de pâtes, moins de sauce ou moins de pain ? Le Forum sur l'avenir économique du Québec était
l'événement rêvé pour discuter de cette question. Mais Jean Charest ne veut pas. Comprenne qui pourra...