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La chronique de J. Jacques Samson

De Sarko à Dupuis

J. Jacques Samson
12/08/2008 08h30 

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La chronique de J. Jacques Samson - De Sarko à Dupuis
 

Fin 2001 et début 2002, les émeutes se répétaient soir après soir dans les banlieues de Paris où le tissu socio-économique s'apparente beaucoup à celui de Montréal-Nord. En voyage d'études à Paris, je suivais ces événements comme on suit un tournoi de hockey ou de soccer: un soir les émeutiers avaient le dessus; le lendemain, les policiers prenaient une revanche...

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Montréal-Nord s'embrase

Le compte-rendu avec photos et vidéos

Voitures incendiées, commerces saccagés et pillés, biens publics vandalisés, les émeutes qui éclatent de plus en plus fréquemment à Montréal sont des copier/coller de celles connues en France dans ces années-là, autant sur les causes profondes que sur leur déroulement. Sauf pour le nombre de casseurs. En France, ils étaient des milliers et des milliers; à Montréal, on parle de quelques centaines de voyous.

Nommé ministre de l'Intérieur (de la police) en 2002, un certain Nicolas Sarkozy s'est aussitôt attaqué à l'insécurité galopante qui gagnait le pays. Il a lancé des messages très fermes de soutien aux forces de l'ordre, les assurant des ressources et de son appui pour ramener l'ordre en France. Quelques mois plus tard , en mars 2003, il a fait adopter la Loi sur la sécurité intérieure et il en a raffermi plusieurs autres pour faciliter le travail policier, tout en produisant un effet dissuasif.

Lorsque Sarkozy a été muté à l'Économie et aux Finances, en 2004, le climat avait beaucoup changé en France. La racaille ne faisait plus la loi.

Méthodes mal adaptées

Les policiers de Montréal devront pour leur part revoir leurs stratégies d'intervention. Comme au soir des premiers débordements durant les séries de la Coupe Stanley, le printemps dernier, le SPVM a semblé être pris au dépourvu dimanche soir. Pourtant, en journée, des amis du jeune noir abattu samedi prévenaient devant les caméras que l'action policière qui a mené à la mort de leur copain serait la première et la dernière du genre. Il fallait y lire une menace déguisée. Et comme on pouvait l'anticiper, la violence a éclaté. Les policiers ont ensuite tardé énormément à la réprimer avec fermeté.

Hier par contre, comme pour la seconde partie des séries de la Coupe Stanley, les policiers étaient fin prêts et ils occupaient la ville. Cette stratégie a fait ses preuves. Le directeur du service a néanmoins toujours les mêmes excuses sur la difficulté de contrer les actions désorganisées d'émeutiers. Des pelotons de contrôle de foule du SPVM, peu mobiles, ont encore travaillé dimanche dans un contexte d'émeutes populaires comme s'il s'agissait de manifestations politiques ou syndicales bien structurées.

Une policière a été blessée par balle et tous les téléspectateurs de LCN ont été témoins d'innombrables actes illégaux dimanche soir. Il y avait pourtant un policier sur place pour chacun des 500 émeutiers dénombrés. C'est inadmissible que les choses aient dérapé de cette façon.

Il faut d'abord réprimer cette forme de criminalité et ensuite, il sera toujours temps de philosopher sur les relations entre les forces policières, les diverses communautés culturelles et la lutte aux gangs de rue.

Politiques ministérielles

La réaction à la mort d'un jeune noir de 18 ans samedi a été aussi vive parce que les minorités se sentent toujours martyrisées, sur fond de racisme, mais aussi parce que la population n'a aucune confiance dans les enquêtes menées par des policiers d'un autre service à la suite d'un décès relié à une intervention policière. Baptisées «politiques ministérielles», ces enquêtes se perdent dans des délais interminables, elles manquent de transparence et ne conduisent que dans des cas rarissimes à des accusations. Toutes les interventions sont faites selon les règles de l'art, faudrait-il croire. Or même le maire de Montréal, Gérald Tremblay, un ancien ministre libéral, a reconnu implicitement hier que les «politiques ministérielles» n'ont aucune crédibilité puisqu'il a demandé une procédure d'exception.

Le ministre Jacques Dupuis n'a pas saisi l'occasion que lui fournissait au cours des derniers mois une révision de la loi sur la police pour changer cette formule d'examen d'actions policières qui ont mal tourné. Un jour ou l'autre, le Québec, comme tant d'autres États démocratiques, devra néanmoins se donner une police de la police. Les policiers seront même les premiers gagnants parce qu'une absolution aura alors une certaine valeur.






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